Réponse à Sébastien à propos de la philosophie de Maillard

mercredi 12 mai 2010.
 

Bonjour Sébastien,

Il est bien possible qu’il n’y ait plus qu’un ou 2 sites qui parlent de l’Inoppression Active.

Mais avant d’en venir au fond et pour vous permettre de cerner la philosophie de Jack Maillard, je ne pense pas qu’il trouvera ombrage à ce que je vous dise comment je l’ai perçu.

J’ai rencontré Maillard lors d’une réunion dite internationale à Forcalquier organisée par Radio zinzine, d’anciens soixante-huitards qui avaient fait localement fortune, qui s’étaient pris en charge eux-mêmes pour transformer leur révolte contre leur pauvreté en action concrète leur permettant de bien vivre. A cette réunion internationale (hum !) où il pleuvait des cordes, les anciens soixante-huitards avaient bien fait les choses. Ils avaient organisé leur colloque mondial sous un grand chapiteau avec traducteurs etc pour discuter quoi faire face à la pauvreté, leur ancien dada. Seulement voilà, ils avaient réussi dans la vie et se sont brusquement rendu compte que Maillard n’était pas venu défendre la croissance de leur chapelle mais parler réellement de solution contre la pauvreté des autres et çà, visiblement ils s’en fichaient pas mal, contrairement aux apparences et à l’affichage officiel.

Maillard y a ainsi été accueilli comme un chien dans un jeu de quilles car il remettait en question le système en mettant les individus en face de leurs contradictions. A l’occasion d’une conférence sur l’argent et l’économie sous le chapiteau, la parole lui fut refusée. Il gênait visiblement. J’ai assisté à une réunion sur place où il a été convoqué et prié de quitter les lieux immédiatement et sous menace, lui le pacifiste ! J’ai su ensuite que ces anciens soixante-huitards avaient pris le pouvoir local et percevaient beaucoup d’argent avec le commerce très lucratif qu’ils avaient monté sous couvert de nature et d’écologie. mais plus question, à l’époque, de changer le système ! Radio Zinzine semble toujours exister et d’après ce que je viens d’aller voir, parle de culture et d’Economie. Elle semble un peu lâchée par ses fondateurs qui doivent aujourd’hui être en retraite, je pense dorée pour eux puisque leur but, pour ce que j’ai perçu, était égocentrique.

J’ai également rencontré Maillard à l’occasion des réunions ATTAC auxquelles il participait. Je me souviens d’une de ses altercations à St Germain à Paris à l’occasion d’une Assemblée Générale où Bernard Cassen le fondateur lui a dit devant plusieurs témoins étonnés, qu’il était plus astucieux de manger dans le fromage que de mettre en place son système qu’il estimait gênant pour la spéculation et la vie de l’association. Il avait réussi, lui, à obtenir 800.000 francs de l’Europe et à faire des milliers d’adhérents. A propos d’Attac, j’ai compris qu’à la direction, la taxe Tobin était bien considérée comme une arnaque pour attirer les gogos et les bobos, car elle était mondialement inapplicable. J’ai également rencontré Maillard à la réunion ATTAC de La Ciotat où la parole lui fut là encore refusée par une Suzan Georges à côté de ses pompes. A côté de cela, je l’ai vu applaudi au palais des Congrès à Paris à l’occasion d’une réunion de la ligue des contribuables de Jacques Bloch Morhange et dans une manifestation de gauche à la Courneuve je crois.

Pour ce qui est des sites Internet, il y en avait à l’époque plusieurs auxquels Maillard participait personnellement comme http://contrelamisere.blogspot.com, sur Voilà, , sur U-blog qui a disparu, ainsi que sur les blogs de RMC où, malgré mes recherches d’aujourd’hui je n’ai pas retrouvé ses interventions intéressantes, notamment de loi de finance chiffrée.

A votre question « Nous sommes aujourd’hui en 2010, comment expliquer que si peu de personnes encore ont connaissance de ses idées ? » je répondrais qu’il n’est pas de l’intérêt des politiciens et journalistes de perdre leur pouvoir en étant découverts incapables ou maffieux. C’est un peu l’histoire du roi nu. Il a fallu qu’un petit enfant dise « le roi est nu » pour que la foule qui le voyait pourtant nu et qui ne voulait pas passer pour ridicule laisse éclater la vérité. Je sais aussi que son dernier livre « la Vie, Quoi ! » ISBN 2-9508538-0-3 qui date de 1994 ainsi que le précédent « le code général du désimpôt » (un peu provocateur c’est vrai) ont disparu de la BN. Et que sa « Cohérence Economique et nécessité sociale de1999 », que je possède, est quasiment introuvable.

Pourquoi ? Parce que c’est comme çà. Avant que la roue et le fil à couper le beurre aient été inventés, ils n’existaient pas. Avant que la plupart des inventeurs ne deviennent célèbres, ils ont dû d’abord mourir, étant trop en avance sur leur temps. Je crois que la réponse la plus logique est celle-là et ce n’est pas parce que vous, vous avez compris que votre voisin comprendra. Vérifiez par vous-même, vous aussi êtes un précurseur.

Face à cela, toujours en oeuvrant dans le concret, en refusant les procès d’intention non explicités et les dogmes, je crois que Maillard a raison. Le principal est d’être en marche vers l’idéal pour le mettre en place au plus tôt, et sans se désespérer car c’est déjà un abandon et une perte de sens qu’on inflige à soi-même. Il ne faut pas attendre de résultat immédiat mais s’organiser concrètement pour qu’il arrive au plus tôt.

Parlant d’Economie, il ne faut accepter que des arguments fondés et ne jamais perdre de temps en se limitant à des « il faudrait que » sur lesquels tout le monde, même avec des expressions différentes (excepté les égocentriques) est d’accord. L’important, c’est le « COMMENT »

Quant-à convaincre les gouvernants, voilà ce que dit Maillard : « pourquoi voudriez-vous qu’ils changent ? Informez les seulement de ce que vous voulez qui soit mis en place et foncez, avec ou sans eux » Moi qui croyais jusqu’à présent au désintéressement personnel des députés responsables des lois et finalement et en dernier ressort de tout ce qui existe, et ce depuis le jeu de Paumes, je crois bien aujourd’hui qu’il a raison.

Pour ce qui est de la taxe sur les transactions financières de 0.7% les calculs de Maillard étaient en 1999 les suivants (extrait de la page 24 du document Cohérence Economique et nécessité sociale) :

« «  a) Taxe à 0,7% Les recettes fiscales sur tous les encaissements taxés à 0,7% seraient alors les suivantes : a) 0,7% sur 2.000MM de couvertures de change et spéculations = 14 MM b) 0,7 % sur les 9.000MM de P.I.B. = 63 MM c) 0,7% sur les 6.000MM de P.I.B. remis en transparence = 42 MM. La recette totale s’élèverait à 119 MM . Elle est moins hypothétique que dans les autres cas puisqu’on ne retient que 2.000MM en représentation des couvertures de change et la spéculation.  » »

Ses 119Milliards sont des francs de 2009 et je ne sais pas à combien s’élèvent les couvertures de change aujourd’hui. Notons que 119 MM ça fait environ 18 Milliards d’Euros. Quant-à la taxe sur les grandes fortunes qui ne servait qu’à éviter la confiscation de la planète par les plus riches (puisque l’Economie permet d’avoir autant d’argent qu’on veut, ça s’explique) je crois qu’il comptait la recette comme « mémoire », pour l’établissement de sa loi de finances.

Cordialement à vous, Sébastien..., vous me faites bosser, comme dit Maillard !